La chapelle de Bascassan

En Basse Navarre la chapelle Saint-André de Bascassan (village de Ahaxe-Alciette-Bascassan) date du XIIe siècle.


La chapelle est mentionnée pour la première fois au début du XIVe siècle en 1302. Mais quand a-t-elle été construite ? On n'en sait rien. On peut cependant avancer une hypothèse. Cette chapelle a sa soeur jumelle à Alciette qui elle s'appelle Sainte Croix. Or, à l'époque des Croisades, il était assez courant de construire des églises et des chapelles en l'honneur de la Croix et de ceux qui allaient combattre en Terre Sainte. On estimait que manifester sa foi de cette manière était un atout supplémentaire pour favoriser la victoire des Croisés en mettant le Seigneur de son côté. Deux rois de Navarre participèrent à des Croisades vers cette époque : Thibault 1er en 1239 puis son fils, Thibault II, le gendre de Saint Louis, en 1270. Au cours de cette dernière croisade, Saint-Louis et Thibault II perdirent la vie.  Il est possible que les deux chapelles aient été érigées à cette occasion. Peut-être même, pour être plus précis, vers 1268, année où un effort financier et spirituel en faveur de la future croisade avait été demandé par Thibault II à ses sujets navarrais. Mais tant le bâtiment actuel que sa décoration sont beaucoup plus récents et datent de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle. Cela peut s'expliquer aisément. le protestant Montamat détruisit nombre de châteaux et de lieux de culte catholiques dans la région en 1569. Il est probable que les deux chapelles connurent un triste sort à cette époque pour être reconstruites quelques années plus tard probablement dans le premier tiers du XVIIe siècle avec le retour de la paix religieuse et la promulgation de l'Edit de Nantes en 1598.



Dans le cimetière on trouve quelques stèles discoïdales anciennes, symbolisant à l'origine sans doute le soleil ou une silhouette humaine, notamment sur le petit tumulus qui se trouve au fond, le long du mur sud. Ce talus n'est pas une tombe mais un remblais de terre sur lequel, il y a une quarantaine d'années, les membres de l'association Lauburu qui recensaient les monuments funéraires ont planté les croix abandonnées qu'ils avaient trouvées éparpillées par terre.


 Ce sont les plus anciennes. Trois stèles discoïdales datent respectivement de 1617, 1639 et 1684. On y voit aussi une quinzaine de croix bas-navarraises que l'on ne trouve dans aucune autre province du Pays Basque. Ce sont des croix facilement reconnaissables à leurs renflements bi-latéraux arrondis. Elles étaient très en vogue au XIXe siècle. Tout comme la chapelle et la benoîterie, le cimetière est classé à l'inventaire des Monuments Historiques. 

Le petit bâtiment à côté de la chapelle est une benoîterie, institution typiquement basque.
La benoîte était la gardienne de l'église et du cimetière, charge en contrepartie de laquelle la benoîte, une jeune femme de plus de trente ans, parfois veuve, s'engageait pour sa vie durant à servir l'église moyennant le logement, des redevances en provisions et des rétributions lors des cérémonies religieuses.

Sources : bazkazane.blogspot.com