La villa Belza à Biarritz

La villa Belza doit son nom, qui signifie "villa noire" en basque, à l’un des prénoms de Madame Dufresnay, dont le mari fait construire la maison en 1882.



La villa Belza à Biarritz est édifiée sur un terrain surnommé « le champ du rossignol ». Ce dernier est, de 1825 à 1882, l’objet de ventes à rebondissements, ponctuées de disparitions d’actes. En 1882, l’architecte Alphonse Bertrand, secondé par l’entrepreneur Joly et mandaté par M. Dufresnay, nouveau propriétaire des lieux, amorce la construction de la villa Belza.


Les travaux créent la polémique. Les Biarrots voient d’un très mauvais œil le déversement des terres extraites de la construction sur la plage du Port Vieux. On n’apprécie pas non plus que le nouveau propriétaire accapare le sentier de promenade et de pêche qui ceinture son terrain.
Cette grande maison établie sur un plan rectangulaire s’avère assez banale. Raymond Larrebat-Tudor lui ajoute néanmoins en 1889 un donjon néo-moyenâgeux et sa tourelle en poivrière qui singularisent la silhouette de la villa.


En 1923, Belza Dufresnay, devenue veuve, cède la maison à Grégoire Béliankine, beau-frère d’Igor Stravinsky et ancien colonel de la garde russe. La villa accueille alors fréquemment le Prince de Galles, futur Édouard VII, accompagné des Grands Ducs se croyant de retour au pays. Certaines de ces fastueuses soirées privées alimentent conversations et rumeurs.


Finalement, la maison, transformée en restaurant-cabaret russe, s’ouvre au public. L’établissement prend le nom de « château basque ». De superbes fêtes continuent de s’y dérouler. La Seconde Guerre mondiale clôt ce brillant quotidien. Les autorités françaises expulsent les locataires, puis la maison est réquisitionnée par les Allemands et armée d’un blockhaus.



Après la guerre, Madame Pouyet, née Lacrouts, de retour d’Amérique, achète la villa Belza. Elle la fait restaurer et la divise en sept appartements. Des discordes éclatent bientôt entre les différents occupants. La villa subit un premier puis un second incendie, qui ravage en 1974 les deuxième et troisième étages. S’ensuivent des procès interminables, ralentis de blocages administratifs. Pendant ce temps, la maison reste ouverte à tous vents.


Ce n’est que dans les années 1990 qu’un jeune marchand de biens parisien, Jean-Marc Galabert, réussit à acheter tous les lots et se lance dans un grand projet de réhabilitation. Il garde les murs et aménage dix somptueux appartements en copropriété. Ces derniers battent en 1993 le record du prix de vente, avec une valeur avoisinant 8000 euros au mètre carré.


La municipalité décide en 1997 de protéger 832 monuments de la ville, parmi lesquels se trouve la villa Belza.


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